Simone a été rendue célèbre par le blog "En voiture Simone". Comme tout être doué d'élégance et de charme brûlant, sa sensualité profonde a besoin de s'exprimer. C'est ici, dans son jardin secret, qu'elle vous l'offre...
vendredi 7 février 2014
Le cadeau
- Chéri j'ai filé mon collant, tu peux me l'enlever ? Je me maquille sur le lit, je gagnerais du temps comme ça...
- D'accord mais je te l'enlève en le déchirant à partir de l'endroit où il est filé. Comme ça j'aurais l'impression d'ouvrir un cadeau...
- Tu le connais par cœur le cadeau... Tu joues avec depuis des années. Tu ne te lasses pas d'ailleurs ? Toi qui changes de voiture tous les ans ?
- Jamais. C'est un cadeau assez magique quand même, il te rend ce que tu lui donnes.
- Parfait, ça m'arrange que tu penses ça tiens...
- Pourquoi ?
- Parce que tu sauras pourquoi il ne te rend pas grand chose quand tu ne lui donnes pas grand chose...
- Oh ça va hein ! J'en connais beaucoup qui adoreraient avoir...
- Avoir quoi ??? Beaucoup de quoi ??? Fais attention Raoul, fais très attention que ton paquet n'ait pas déjà été ouvert à force d'attendre et de regarder tous les cadeaux qui ne sont pas pour toi !
- Allez... ça va... regarde... le bandit manchot attend que tu fasses sauter la banque...
- J'espère que j'aurai plus de chance que les 47 dernières fois...
- Quoi ?
- Non mais tu as raison, elle est très bien cette métaphore, quand on décroche le gros lot, ça sonne de partout, mais il faut tenter très souvent sa chance avant d'y arriver ! Et à la fin, on se dit qu'il vaudrait mieux arrêter de jouer... et mieux utiliser son capital...
- Pfff... tout ça pour ne pas perdre de temps parce que Madame se maquille...
- Ah non, tout ça pour ne pas perdre de temps tout court.
F.P.
samedi 2 novembre 2013
On n'est pas aux pièces !
- C'est ici pour mettre la pièce ?
- Ah non c'est pas pour mettre la pièce ici...
- Pardon mais c'est la première fois.
- Bah oui je vois...
- Mais alors comment ça marche exactement ?
- Tout dépend de la qualité du service que vous recherchez et
du nombre de pièces dont vous disposez.
- Qu'est-ce qui se pratique le plus d'habitude ?
- Le service trois-pièces.
- Oh je dois bien avoir ça...
- J'en suis sûre oui.
- Et alors donc, on fait quoi avec nos trois pièces ?
- Il faut introduire la plus grosse et la faire fructifier
jusqu'à ce que les deux autres en explosent de joie.
- C'est à dire ? C'est un peu comme jouer en bourse ?
- Un peu oui...
- Et vous vivez de ça ?
- Ah moi non mais certaines femmes vivent de ça oui.
- Elles vivent de quoi exactement ?
- De l'argent qu'on leur donne pour placer certains avoirs
en lieu sûr.
- Donc c'est bien ce que je dis, vous le mettez là votre
argent, c'est donc bien là qu'on met les pièces !
- Ah non là c'est pour les placements des partenaires, moi
je place ailleurs.
- Mais vous disiez pourtant que c'était un lieu sûr ?
- Oui, si vous placez judicieusement vous récoltez
forcément, vous en aurez toujours pour votre argent.
- Bon, moi je vais juste aux toilettes et on m'a dit qu'il y
avait une dame à qui il fallait donner une pièce, alors je ne comprends plus
rien...
- Oui, et bien moi je suis une cliente du restaurant et je
viens juste de m'asseoir en sortant des toilettes pour chercher quelque chose
dans mon sac alors si vous vouliez bien lâcher mon collant, ce serait très
gentil de votre part.
- Vous n’avez pas de culotte ? Pourquoi vous n’avez pas
de culotte ? C’est bien pour pouvoir accueillir les pièces plus
facilement, non ? Et le collant c’est pour que le chat n’attrape pas froid
n’est-ce pas ?
- Bon virez immédiatement votre médiocrité de là sinon j’appelle
le propriétaire du chat et il ne boit pas que du petit lait… sauf quand il a l’occasion
de se faire la main sur des grands malades évidemment, là, il savoure…
- Je peux quand même mettre une pièce pour vous remercier ?
- Raoul, y'a un malade qui m'a pris pour la Dame Pipi !
- Et si je mets ma pièce, vous pourriez me chanter une
chanson ?
- Raoul !!!
- Quoi ?
- Tu peux dire à ce malade de lâcher mon collant ?
- Qu'est-ce que vous faites avec le collant de ma femme vous
?
- C’est vous le proprio ? Dites donc c’est pas très
facile d’accès pour payer, votre histoire là hein…
- Il veut me faire chanter !
- Hein ? Il a pris des photos ?
- Mais pas du tout, je demandais à votre femme si elle
pouvait me chanter une chanson et je me proposais de lui laisser une petite
pièce.
- Mais vous êtes qui vous ? (Il le décolle du sol et le
secoue) Qui êtes-vous espèce de décérébré ???
- Hector Valdarim enchanté, j'imagine que vous êtes le
trois-pièces attitré de Madame ? C'est une bien belle tirelire que vous avez
là.
- Dis donc le suicidaire, tu m'appelles encore une fois
tirelire et je te creuse tellement la tronche que t'auras l'impression de
regarder la vie de l'intérieur du Vésuve ! Maintenant tu me lâches la culotte
et tu dégages !!
- La culotte ? Mais vous n’en avez pas ! Vous êtes
une sacrée baratineuse vous quand même !
- Change de département, viiiiite !!!
- Mais vous n'êtes pas la Dame Pipi alors ?
- Raoul !!!
dimanche 13 octobre 2013
Hair
- Quand vas-tu te raser Raoul ? Que je puisse enfin poser mes lèvres sur les tiennes sans avoir à faire subir à mon visage un terrain aussi fourni ?
- Tu m'enlèves les mots de la bouche Simone...
F.P.
jeudi 29 août 2013
Diamant sur canapé
- Tu sais que t’es bien foutu jeune chien fou ?
- Merci Simone… Et encore, là tu vois que les pectoraux, en
ce moment je travaille les fessiers.
A peine Simone a-t-elle répondu à cette phrase bourrée de sous-entendus
que son compagnon de jeu la saisit et entame une violente secouée moyennement
amicale, qui se termine dans un cri terrible déchirant la nuit :
- Mais t’es malade ?!! Qu’est-ce que t’as fait à ma
jambe ?
- Bah tu m’as dit « j’ai envie que tu me démontes »…
- Mais pas du tout, je t’ai dit « j’ai envie que tu me
les montres » !
- Quoi ?
- Tes fessiers !
- Ah… pardon, j’avais pas compris ça…
(Elle l’imite avec une voix de benêt)
- « J’avais pas compris ça… » Dis donc Musclor, t’as autant de neurones que
de distinction !
- De quoi ?
- Et même si je t’avais dit « j’ai envie que tu me
démontes », ce qui, soit dit en passant, aurait signifié tirer un trait
sur des années d’élégance, c’eût été une métaphore !
- Une quoi ?
- Une image !!! Si les femmes se faisaient démonter
comme tu viens de le faire, tu imagines le nombre de pièces détachées qu’il y
aurait dans le monde ?
- Mais moi je suis très premier degré en fait…
- Bah oui je vois ! C’est même pas du premier degré à
ce niveau-là, t’es en température négative ! T’as la lucidité qui gèle à
la naissance ! Vous êtes quand même méchamment graves toi et tes copains
de la génération YouPorn hein ! Avant on avait les machos, maintenant on a
les machos qui ne comprennent même pas les dialogues des pépites qu’ils
regardent ! Avant on avait quand même des amants, ils avaient peut-être la
moustache et la fessée facile mais ils nous laissaient en un seul morceau !
Maintenant on a des bouchers, des peintres, des spéléo de la tuyauterie ! Ça
vous défriserait la toison d’avoir un peu de délicatesse ? On ne peut pas
se faire plaisir à l’ancienne ? Comme on fait depuis toujours ? Non,
génération geek, il faut du progrès, faut démonter, plus loin, plus haut, plus fort, et alors demain, c’est
quoi le programme ? Tu vas te raser le crâne, te l’enduire de graisse à
traire et aller poser à côté du point G pour publier ta photo sur Facebook ?
Faudrait déjà que tu saches le trouver espèce d’entrepôt vide !
- Je suis sûr que bientôt on entrera « point G »
sur une caméra frontale GPS et on trouvera direct.
- Mais ça aussi c’est une image, le point G ! Tu crois
quoi ? Qu’on a un petit point G dans le ventre entouré en rouge avec écrit
« vous êtes ici » ? Mais ta vie c’est un ascenseur qui descend
perpétuellement vers le néant mon pauvre ami ! Et pourquoi tu m’as amené
chez toi ? Qu’est-ce que tu as vu chez moi ? Une cougar ? Une
MILF ?
- Bah ouais, un peu une MILF…
- Mais je suis tout le contraire Capitaine Caverne ! Je suis une WILD ! Woman I Love
to Discover ! Une île déserte et luxuriante, élégante et pas sur la
carte, sauvage et belle ! Toi, t’as du caviar et tu l’étales sur le Big
Mac indigeste de ton animalité décérébrée !!!
- Mon quoi ?
- Mais regarde dans quel état tu m’as mise !!
- Je suis désolé…
- T’es désolé ? Mais ça me fait une belle jambe que tu
sois désolé ! Comment je fais moi maintenant ?
- Bah tu vas un peu boiter c’est sûr…
- …Dis donc Brutus… C’est quoi « beaucoup boiter »
pour toi ?
F.P. - Août 2013
lundi 26 août 2013
Cul et chemise
- Ah Cary Grant… La classe incarnée, l’élégance faite homme…
Tu sais que la première fois que je t’ai vu, tu m’as immédiatement fait penser
à lui ?
- C’est gentil ça… Moi tu m’as fait penser à Sophia Loren la première fois.
- Je croyais que c’était Audrey Hepburn ?
- Audrey Hepburn aussi, pour ton côté espiègle, mais surtout Sophia Loren ce soir-là, avec cette robe noire qui te faisait une ligne… des courbes à réveiller le Vésuve…
- Ah oui d’accord… Je te parle de ton élégance et tu me réponds que tu te souviens de mon décolleté... Il te manque encore un peu de classe pour arriver au niveau de Cary mon chéri…
- Pas du tout, je ne parlais pas que de ton décolleté, je parlais de tout le reste ! Je parlais SURTOUT du reste en l’occurrence, oui tu avais un cul magnifique dans cette robe, c’est mal de le dire ? Et puis arrêtons l’hypocrisie deux minutes, tu crois que Cary Grant il ne regardait pas le cul des jolies femmes qu’il croisait ?
- Non, il regardait leurs fesses.
- C’est pareil, arrête de jouer sur les mots…
- Non, justement, ce n’est pas du tout pareil Raoul ! L’élégance d’un homme, c’est le fruit d’une certaine sensibilité, que nous les femmes savons reconnaître puisque nous avons la même. Nous, par exemple, nous regardons vos fesses, comme les élégants, pendant que vous, vous regardez notre cul. Et ne dis pas le contraire, je te connais par cœur !
- Parce que tu crois que Cary Grant sous son vernis élégant, il n’était pas comme les autres ? Il était peut-être très fort pour sublimer la fesse à vos yeux, mais aux siens, le seul sublime qui comptait, c’était le cul ! Le cul, le cul, le cul !
- Et il avait raison ! Parce qu’on adore qu’un homme nous regarde le cul mais uniquement s’il a su nous regarder les fesses avant. C’est un peu comme si l’élégance était la meilleure introduction possible avant l’ivresse, elle permet la fonte de toutes les barrières les plus froides, tu arrives à comprendre ou ça te dépasse Monsieur le radar automatique ?
- Le radar automatique ?
- Tu crois que je ne te vois pas flasher sur la moindre ondulation à talons ?
- Parce que toi tu ne flashes pas sur les sourires en coin, les mèches rebelles, les regards pleins de douches brûlantes et de matins tièdes ? Ne te fous pas de moi Simone s’il te plaît…
- Mais je flashe raisonnable moi ! Toi tu flashes toutes les trois secondes !
- C’est quand même pas de ma faute si elles me sourient !
- Mais elles te sourient pour être tranquilles ! C’est comme si quelqu’un gardait le doigt appuyé sur ta sonnette pendant des heures, soit tu lui ouvres, soit il continue pendant toute ton indifférence ! Alors nous, avec les radars automatiques, on est gentilles, on sourit, lui il est content pour la journée, il a l’égo aussi gonflé que la testostérone, et nous, on a le bouton libéré !
- Le bouton ?
- De la sonnette espèce de malade !
- Et pourquoi n’oseraient-elles pas m’éconduire ?
- Tu flashes sur tellement de femmes que tu es persuadé qu’elles ont toutes perdu leur permis de t’éconduire Raoul !
- Dis donc, mets-toi de profil là…
- Quoi ?
- Si je te dis que depuis que tu as passé la cinquantaine tu as pris des fesses plutôt que « pris du cul », je suis élégant ou pas ?
Raoul a gardé l’empreinte des stries de la poêle sur le front jusqu’au printemps d’après.
- C’est gentil ça… Moi tu m’as fait penser à Sophia Loren la première fois.
- Je croyais que c’était Audrey Hepburn ?
- Audrey Hepburn aussi, pour ton côté espiègle, mais surtout Sophia Loren ce soir-là, avec cette robe noire qui te faisait une ligne… des courbes à réveiller le Vésuve…
- Ah oui d’accord… Je te parle de ton élégance et tu me réponds que tu te souviens de mon décolleté... Il te manque encore un peu de classe pour arriver au niveau de Cary mon chéri…
- Pas du tout, je ne parlais pas que de ton décolleté, je parlais de tout le reste ! Je parlais SURTOUT du reste en l’occurrence, oui tu avais un cul magnifique dans cette robe, c’est mal de le dire ? Et puis arrêtons l’hypocrisie deux minutes, tu crois que Cary Grant il ne regardait pas le cul des jolies femmes qu’il croisait ?
- Non, il regardait leurs fesses.
- C’est pareil, arrête de jouer sur les mots…
- Non, justement, ce n’est pas du tout pareil Raoul ! L’élégance d’un homme, c’est le fruit d’une certaine sensibilité, que nous les femmes savons reconnaître puisque nous avons la même. Nous, par exemple, nous regardons vos fesses, comme les élégants, pendant que vous, vous regardez notre cul. Et ne dis pas le contraire, je te connais par cœur !
- Parce que tu crois que Cary Grant sous son vernis élégant, il n’était pas comme les autres ? Il était peut-être très fort pour sublimer la fesse à vos yeux, mais aux siens, le seul sublime qui comptait, c’était le cul ! Le cul, le cul, le cul !
- Et il avait raison ! Parce qu’on adore qu’un homme nous regarde le cul mais uniquement s’il a su nous regarder les fesses avant. C’est un peu comme si l’élégance était la meilleure introduction possible avant l’ivresse, elle permet la fonte de toutes les barrières les plus froides, tu arrives à comprendre ou ça te dépasse Monsieur le radar automatique ?
- Le radar automatique ?
- Tu crois que je ne te vois pas flasher sur la moindre ondulation à talons ?
- Parce que toi tu ne flashes pas sur les sourires en coin, les mèches rebelles, les regards pleins de douches brûlantes et de matins tièdes ? Ne te fous pas de moi Simone s’il te plaît…
- Mais je flashe raisonnable moi ! Toi tu flashes toutes les trois secondes !
- C’est quand même pas de ma faute si elles me sourient !
- Mais elles te sourient pour être tranquilles ! C’est comme si quelqu’un gardait le doigt appuyé sur ta sonnette pendant des heures, soit tu lui ouvres, soit il continue pendant toute ton indifférence ! Alors nous, avec les radars automatiques, on est gentilles, on sourit, lui il est content pour la journée, il a l’égo aussi gonflé que la testostérone, et nous, on a le bouton libéré !
- Le bouton ?
- De la sonnette espèce de malade !
- Et pourquoi n’oseraient-elles pas m’éconduire ?
- Tu flashes sur tellement de femmes que tu es persuadé qu’elles ont toutes perdu leur permis de t’éconduire Raoul !
- Dis donc, mets-toi de profil là…
- Quoi ?
- Si je te dis que depuis que tu as passé la cinquantaine tu as pris des fesses plutôt que « pris du cul », je suis élégant ou pas ?
Raoul a gardé l’empreinte des stries de la poêle sur le front jusqu’au printemps d’après.
Franck Pelé – Août 2013 – textes déposés à la SACD
mardi 2 juillet 2013
En voiture Simone - Les origines
- Je n'ai jamais trompé mon mari.
- Ah moi si...
- Ah bon ? Tu as déjà trompé ta femme ?
- Non, j'ai trompé ton mari.
- Je ne comprends pas...
- Je lui ai dit que je couchais avec toi alors qu'il n'y a
jamais rien eu entre nous.
- Mais t'es malade ! C'était quand ça ?
- Oh y'a longtemps...
- Et il n'a rien dit ?
- Non... Il m'a juste demandé ce que tu me faisais. Je ne
voudrais abuser de la situation mais il m’a même dit que ça l’arrangeait.
- Que tu couches avec moi ?
- Oui
- … Mais… Ce que je te faisais ? Qu'est-ce que tu as
dit ?
- Que tu faisais tout ce qui était possible de faire avec un
talent absolument incroyable. Du coup, on pourrait peut-être vérifier...
- Vérifier quoi ?
- La qualité de mon intuition…
- Mais t'es malade ! Et s'il l'apprend ?
- Mais il le sait déjà !
- Tu as inventé tout ça pour me choper ?
- Te choper, te choper, comme tu y vas... Assouvir un vieux
fantasme plutôt...
- Parce que ça fait longtemps que tu as envie de moi ?
- Dix ans... Depuis qu'on se connaît.
- Je n’avais rien vu… Je suis vraiment naïve…
- Tu n’avais pas les yeux en face des trous c’est tout…
- ça veut dire quoi ça ?
- Que tu étais naïve.
- Mais tu sais… Je ne fais pas tout ce que tu penses…
- On dirait une voiture toutes options qui parle en se
basant sur l’expérience de son seul conducteur.
- C’est-à-dire ?
- Que ton mari n’a jamais cherché qu’à te conduire sans
savoir tout ce dont tu étais capable.
- Et comment tu sais de quoi je suis capable Monsieur le roi
du choping ? Tu sais, les femmes adorent le choping, c’est vrai, mais
elles détestent qu’on ne sache pas les choper.
- Avec ton GPS ultra-sensible, tu sauras me dire exactement
où je suis, ton intérieur cuir te rendra aussi élégante que brûlante, pas très
économe à la pompe, avec toi on va très loin, et ce coffre arrière est bien
plus plaisant qu’il n’en a l’air…
- Tu es complètement fou… Moi je suis une petite berline, un
petit plein me suffit, je roule sans excès, dans les limitations de vitesse, je
klaxonne rarement mais si on me colle un peu trop longtemps, je peux descendre
en plein milieu de la route, je n’ai qu’un seul réservoir, si tu te trompes, je
peux tomber en rade ou caraméliser le moteur, comme toutes les voitures
respectables, je n’avale pas l’essence, je la consomme, c’est la combustion qui
se fait à l’intérieur de mon moteur qui fait avancer l’ensemble, j’ai les airbags très sensibles et j’ai
horreur qu’on me triture les clignotants. Tu es sûre que tu as envie de monter ?
- Je peux ?
- Quoi ?
- Conduire. Voir ce que cette voiture a dans le ventre…
- D’accord mais avec soin…
Raoul commença alors à explorer les secrets de Simone avec
un art aussi délicat qu’inégalable.
- Raoul… Mais… Qu’est-ce que tu me fais ? C’est quoi ce
bouton ? Je m’ouvre de partout… regarde !
- Tu as l’ouverture centralisée, un exemple de ces choses
que tu ignorais…
- Mais mon mari s’est toujours installé au même endroit, en
passant par la même porte !
- Il n’avait peut-être qu’une seule clé, celle qui démarrait
la gentille berline….
- Et toi ?
- Moi j’ai la clé de la voiture de luxe, racée, élégante,
puissante, qui dévore les espaces et les kilomètres… Une vraie bombe… La classe
ultime.
- Et on peut aller loin avec toi à mon volant ?
- Jusqu’au bout de la nuit…
- Alors allons-y...
- En voiture Simone...
F.P. - juillet 2013
lundi 1 avril 2013
La féline
- Qu'est-ce que tu fais chérie ? Tu descends ?
- Non, je lézarde au soleil...
- Et quand tu auras fini de faire la chatte sur un toit brûlant, tu ne veux pas venir me gratter le dos dans le jardin ?
- Non merci Raoul.
- Tu ne voudrais pas essayer de devenir un peu plus chienne Simone ?
- C'est ça voilà... Genre croqueuse qui brise ses chaînes à l'appel du loup ? Désolé mon chéri mais je suis féline moi, et si ça ne te suffit pas, je te conseille vivement d'aller hurler ailleurs !
- Mais c'est avec toi que j'ai envie de ronronner..
- Je ne te fais plus d'effet de toutes façons, tu préfères aller voir toutes ces jeunes avec leur mode sans caractère... Elles n'ont aucun genre...
- Tu n'aimes pas les chattes épilées ?
- Et bien non ! Ce n'est pas naturel ! On peut se tailler un peu le poil mais franchement, quand j'en vois certaines, elles n'ont que la peau sur les eaux, ce ne sont plus des chattes, ce sont des skins ! Et alors bonjour quand ça repousse, là, tu les as tes chiennes...
- Simone... Invite-moi chez toi... Un petit lait -fraise... Et j'adore ta nouvelle couleur... T'as un côté Julianne Moore en rousse, c'est craquant...
- Je t'ai attendu toute la nuit Raoul mais tu avais probablement d'autres chattes à fouetter... C'est trop tard maintenant.
- J'ai passé la nuit en cellule de dégrisement...
- Pfff... Et pourquoi ?
- Je n'ai rien pu faire, la nuit, tous les chats sont gris.
F.P. - mars 2013
dimanche 23 septembre 2012
Simone remet Raoul en place
- Chéri, je vais au sport !
- Heu... tu plaisantes là j'espère ?
- J'en étais sûre...
- Tu étais sûre de quoi ?
- Tu vas me prendre le chou parce que j'ai mis quelque chose de moulant ?
- Quelque chose de moulant ? Mais si c'était plus moulant ça te comprimerait les amygdales ! Et le chou, ils vont être plusieurs à vouloir te le prendre ! T'as qu'à y aller les lèvres au vent aussi au sport, ils vont adorer tes collègues de cardio !
- Oh dis donc Benoît XVI, quand tu vas à la piscine avec ton moule-machin, t'as pas l'air profondément outré par l'impudeur que tu proposes ! Toutes ces pauvres mères de famille qui viennent brasser tes fantasmes, tu imagines ce que tu leur imposes ?
- Mon moule-machin ? Mais tu as choisi d'être aussi élégante que ton costume ma chérie aujourd'hui !
- Quoi ? Tu veux que je sois plus directe ? Tu ne vas pas aimer Raoul, c'est vulgaire tu sais...
- Tu n'oseras pas... Tu as horreur de ces mots-là...
- Ton moule-bite ! Ton moule-burnes ! Ton moule-couilles ! Ton moule-ego ! Ton moule-fierté ! Ton moule-je-me-la-raconte ! Ton moule-regardez-comme-ma-femme-a-de-la-chance ! Ton moule-vous-pouvez-regarder-c'est-cadeau !
- C'est toujours moins vulgaire qu'un moule-moule !
- Un moule-moule ??? Alors là tu tombes très bas mon pauvre amour... Tu vois, ça c'est vulgaire !
- Je ne te le fais pas dire ! D'ailleurs, je suis sûr que ça vient de là l'expression "moulant" !
- Raoul, tu sais qu'après le sport je vais à un entretien et que je vais m'habiller pareil ?
- Si tu fais ça tu es vraiment la plus...
- La plus quoi ? La plus motivée pour décrocher un poste dans un marché atone ? Oui, c'est vrai...
- J'imagine que tu y vas sans lettre de motivation puisque le recruteur va pouvoir lire directement sur tes lèvres...
- Tu m'as toujours dit qu'il fallait être vraie, sincère, jamais superficielle, tu m'as toujours dit qu'il fallait qu'il y ait le moins d'écart possible entre l'être et le paraître, et bien voilà, je suis tes conseils à la lettre... Je me présente sans artifices.
- Mais si tu as la moindre émotion, ça va se voir !
- Bah et toi ? Quand tu as la moindre émotion, ça ne se voit pas dans ton moule-émotion ? C'est pareil.
- Mais pas du tout ! Nous ça fait partie de la culture masculine, on n'a rien demandé, on a inventé des maillots de bain et on les a mis, point.
- Voilà, c'est ça, c'est la culture masculine... Et ça fait partie de la culture masculine de vous remettre le puzzle en place toutes les trois minutes ? Parfois même en plongeant carrément la main dedans pendant que vous marchez au bord de l'eau ? Et ça fait partie de la culture masculine de mater les seins des voisines avec le rouleau à pâtisserie en tête de gondole ? C'est quoi le message ? Donne-moi ta pâte, je vais te pétrir de qualités ?
- Oh attends, c'est un peu facile ça ! Parlons-en des seins des voisines ! Vous ne les moulez même pas, vous nous les démoulez sous le nez ! Vous le faites bien pour qu'on les regarde non ? C'est comme ces décolletés de dingue là, tu ne vas pas me dire que c'est innocent ? C'est pour enflammer le désir et s'indigner qu'on puisse vouloir l'éteindre !
- C'est ça que vous ne comprenez pas, si on met un beau décolleté c'est pour mettre ses courbes en valeur, pour le plaisir du beau, pas pour les mettre sur le marché ! Donc, je persiste, quand vous avez une émotion, moulée ou pas, ça se voit, et ça se verra toujours plus que nous ! Nous, quand on a des émotions, on laisse bouillir à l'intérieur, on laisse le ventre et l'imagination s'électriser discrètement, on se la remet pas en place devant tout le monde notre émotion ! On la garde pour plus tard, et le soir, c'est vous qui mangez chaud, c'est pas le voisin de serviette qui mange gratos dans nos yeux qui débordent ! La culture masculine c'est open-bar toute l'année ? Alors d'accord, open-bar pour tout le monde !
- Attends, c'est un reproche là ? C'est pour ça que tu t'habilles comme ça ?
- Mais pas du tout... Disons que c'est dans la culture féminine de savoir envoyer les messages, de les faire passer avec des actions marquantes, de laisser une empreinte profonde dans la jalousie de l'autre puisqu'il faut bien ça pour concurrencer les mille petites empreintes quotidiennes qu'il laisse dans la nôtre...
- Simone, tu ne vas pas sortir comme ça franchement...
- Tu as de la chance, j'avais le même pratiquement transparent, mais je me suis dit que c'était un peu trop...
Bonne journée mon chéri...
F.P. - Septembre 2012
vendredi 14 septembre 2012
Rendez-vous
- Heu... excusez-moi Madame...
- Oui ?
- J'ai rendez-vous avec le docteur Geslin à 14 heures...
- Oui, mais ici c'est son cabinet, la salle d'attente c'est la pièce juste à côté. Je crois qu'il est en retard, je l'attends déjà depuis une demi-heure.
- Ah c'est son cabinet ! Je suis confus... Vous aviez rendez-vous à quelle heure ?
- 13h30
- Et vous venez pour quoi exactement ?
- Une extraction de dent de sagesse.
- D'accord... pardonnez-moi cette question Madame mais... pourquoi cette position ?
- Il m'a dit qu'il allait passer par l'autre côté pour ne pas abîmer mon sourire.
- Bon. Je vais y aller je crois, c'est mieux...
- Attendez ! Si vous avez rendez-vous à 14 heures, vous êtes donc prévu juste derrière moi ?
- Heu... oui.
- Et bien je vous en prie, prenez place, je ne serai pas venue pour rien.
- Pardon ?
- Prenez votre place, derrière moi... A mon avis, il ne va pas venir avant un moment là...
Pendant de longues minutes, de très longues minutes, Raoul prit un plaisir fou à extraire toute la sagesse de cette délicieuse patiente qui était très loin de l'être. Puis il retourna en salle d'attente. Au moment où il décida de partir, le Docteur Geslin entra dans la pièce :
- Ah mais vous êtes là, je vous cherche partout depuis un quart d'heure...
- Ah bon ? Mais... vous n'étiez pas dans votre cabinet rassurez-moi ?
- Bien sûr que si, où voulez-vous que je sois ?
Raoul ravale sa salive avec peine :
- Mais vous étiez où exactement dans votre cabinet ?
- Allez, suivez-moi, nous sommes en retard.
Le docteur invite Raoul à entrer dans une pièce qui n'est pas du tout celle dans laquelle il venait de passer un moment inoubliable.
- Vous avez plusieurs cabinets ?
- Non, je n'ai que celui-ci pourquoi ?
- Non, pour rien, avec toutes ces portes dans le couloir, je pensais que vous aviez plusieurs endroits pour pratiquer.
- Ah non non, vous avez la salle d'attente à gauche, les toilettes, et une chambre avec une superbe vue mais je ne peux pas vous la montrer, ma femme est venue s'y reposer aujourd'hui.
- Je vois de quoi vous parlez, elle est magnifique...
- Vous avez vu Simone ?
- Non, je parle de la vue, elle est vraiment superbe, j'ai déjà eu l'occasion de la voir en montant dans les étages.
- Ah oui ? Vous êtes monté jusqu'où ?
- Tout en haut...
- On voit tout, c'est fou non ?
- Ah oui, on voit tout, absolument tout... C'est plus que fou...
- On a l'impression de dominer le monde, de pouvoir le conquérir !
- J'ai eu cette impression oui... mais j'étais moi-même bien plus conquis...
Franck Pelé - Septembre 2012 - Textes déposés SACD
vendredi 31 août 2012
Simone va chez le dentiste
- Enlevez vos doigts de ma bouche quand vous me parlez enfin !!
- Mais je suis dentiste !
- Et alors ? Mon gynéco ne me parle pas pendant qu'il travaille, il enlève ses doigts et ENSUITE il me parle !
- Ah ça, c'est parce que vous faites partie de celles qu'il ne veut pas garder...
- Ah bon ? Mais comment vous savez ça vous ?
- J'étais gynéco avant.
- Avant quoi ?
- Juste avant vous.
- Comment ça juste avant moi...
- Bah là, juste avant vous, mon rendez-vous de 13H30, j'étais en consultation avec Madame Loquet dans le cabinet d'à côté. Je suis le seul gynéco-dentiste de la région. Oh vous savez, ça ne change pas beaucoup finalement, vous ouvrez des lèvres et vous regardez au fond... Bon, le seul avantage c'est que le dentiste a la chance de visiter des cavités usitées tous les jours, ne serait-ce que par la nourriture et l'eau, et puis les patientes se lavent les dents, si vous voyez ce que je veux dire...
- Heu... non...
- Et bien disons que certaines n'ont pas reçu de visite depuis un certain temps... On se demande même si on ne leur a pas coupé l'eau et l'électricité à force de ne plus s'en servir.
- Un gynéco-dentiste... c'est bien la première fois que je vois ça... mais... Vous changez de gants entre chaque patient ?
- C'est la crise pour tout le monde vous savez... Qu'est-ce que vous avez mangé à midi ?
- Un filet de barbu.
- Vous ne verrez pas la différence... Allez, ouvrez en grand...
- Aïe ! Mais aïe !!! Vous me faites mal là, qu'est-ce que vous faites sur l'intérieur de ma joue ???
- Un frottis.
- Mais il est complètement malade ce mec !!! Et vous posez des couronnes sur les stérilets ?
- Ah j'en ai fait une belle sur celui de Madame Raynaud samedi dernier ! Elle n'avait plus d'appétit... Depuis elle mange comme quatre !
F.P. - août 2012
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